Côté montée : pourquoi chaque km/h coûte cher
Appuyons-nous sur un exemple concret. Prenons le célèbre Mont Ventoux : 21 km d’ascension, 1 600 mètres de dénivelé positif, pente moyenne à 7,5%.
Supposons qu’un cycliste parcoure cette montée à 12 km/h. Si on veut affiner, il faut aller plus loin que la simple distance/temps, parce que :
- À chaque pourcentage de pente, l’effort demandé grimpe de façon exponentielle.
- La masse (cycliste + vélo + bidons !) est décisive.
- L’influence du vent de face, souvent sous-estimée en montée, peut faire perdre jusqu’à 1 km/h sur de longues rampes (étude de la revue “Sports Engineering”, 2021).
La formule pour la vitesse à puissance constante (simplifiée) :
Vitesse (m/s) = Puissance utile (W) / (Masse × g × sin(α) + résistance au roulement + traînée aérodynamique)
Où :
- g = accélération de la pesanteur (9,81 m/s²)
- α = angle de la pente en radians (pour 10%, on a sin(α) ≈ 0,10)
Une côte à 10% franchie par un cycliste de 80 kg (équipement inclus), développant 250 watts : à vos calculettes ! On trouve une vitesse d’environ… 9,2 km/h (source : calculs croisés CyclingTips & FFC).
Pourquoi la sensation de lenteur… est trompeuse
En montée, la vitesse semble modeste, voire frustrante. Mais chaque km/h “gagné” coûte une quantité d’énergie colossale. Par exemple, pour passer de 10 à 12 km/h dans une montée à 8%, un cycliste doit produire environ 25% de puissance en plus (source : “The Science of Cycling”, British Cycling).
C’est ce qui explique pourquoi les meilleurs grimpeurs du Tour de France affichent des vitesses qui semblent peu extraordinaires — mais leur performance, au regard de la pente et de leur poids, reste un prodige.