Freiner, c’est (beaucoup) plus compliqué que de lancer : la tyrannie de l’inertie
La clé du mystère, c’est l’inertie. Ce mot, parfois flou, désigne la tendance naturelle de tout objet à continuer son mouvement, sauf si une force extérieure agit. C’est la première loi de Newton, énoncée au XVIIe siècle : un objet en mouvement reste en mouvement, à moins qu’une force ne le ralentisse ou l’arrête.
Dans notre cas, un train lancé à grande vitesse transporte une quantité phénoménale d’énergie cinétique, c’est-à-dire l’énergie due à son déplacement. Pour donner un chiffre : un TGV standard (environ 400 tonnes à vide, bien plus en charge) circulant à 300 km/h, emmagasine autour de 140 mégajoules d’énergie cinétique. C’est l’équivalent de l’énergie dégagée par 33 kilos de TNT !
Donc, pour arrêter le train, il faut annuler toute cette énergie. Plus la masse du train est grande, et plus sa vitesse est élevée, plus l’énergie à dissiper est colossale. Or, la vitesse intervient au carré : si la vitesse double, l’énergie quadruple (la formule exacte : Énergie cinétique = ½ x masse x vitesse²).