Un détour par la route : pourquoi l’accélération dépend aussi des pneus et du sol
Mais attention, Newton ne travaille jamais seul ! La force n’est efficace que si elle est correctement transmise entre la voiture et la route.
C’est ici qu’interviennent les forces de frottement : le pneu doit “accrocher” le sol pour transmettre la force motrice. Si la route est verglacée, même un moteur surpuissant produirait… du patinage, mais pas d’accélération.
Ce phénomène met en jeu ce qu’on appelle le coefficient d’adhérence (souvent noté μ) : plus il est élevé, plus la force transmise au sol est grande, donc meilleure est l’accélération possible. Un pneu slick (utilisé en Formule 1) sur bitume sec peut atteindre μ ≈ 1.4 ; un pneu usé sur route mouillée descend vers 0.2, transformant chaque accélération brutale en dérapage contrôlé — ou incontrôlé.
Voici, schématisé, le lien entre force motrice, adhérence et accélération :
| Scénario |
Masse (kg) |
Force motrice (N) |
μ (Adhérence) |
Accélération possible (m/s²) |
| Voiture citadine sur bitume sec |
1000 |
2000 |
0,9 |
2 |
| Voiture sportive pneus larges, piste sèche |
1200 |
4500 |
1,2 |
3,75 |
| Même voiture, route mouillée |
1200 |
4500 |
0,4 |
1,5 |
| Poids lourd route enneigée |
8000 |
6000 |
0,15 |
0,11 |
Dans la vie réelle, chaque accélération dépend autant du moteur que de la qualité de la chaussée et des pneus — la deuxième loi de Newton interagit donc avec le monde matériel, et ne se limite pas à une équation.