Pourquoi la vitesse tord-elle le temps ? (Avec les images mentales d’Einstein)
Mais pourquoi la vitesse a-t-elle ce pouvoir étrange ? Pour saisir cela, tentons une sorte de voyage mental dans l’univers d’Einstein.
Imaginez le temps et l’espace comme un tissu souple, indissociable. Plus on va vite, plus on « utilise » d’espace pour moins « utiliser » de temps, et inversement. Pour un objet lancé à des vitesses ordinaires, cette « distorsion » est infime. Mais plus on approche de la vitesse de la lumière, plus elle devient spectaculaire : le temps « ralentit » extrême pour l’astronaute, tandis que sur Terre, l’horloge avance à son rythme habituel.
La métaphore du gâteau (souple) peut aider : plus on s’étire sur la largeur (l’espace), plus la hauteur (le temps) semble s’aplatir, vue de l’extérieur.
En d’autres termes, il n’y a pas « d’horloge absolue »: chaque voyageur possède sa propre montre, intime, qui ne se compare à celle des autres que si l’on se retrouve au même endroit… après des trajets différents. D’où l’étrangeté célèbre du paradoxe des jumeaux : si un jumeau part voyager à 99 % de la vitesse de la lumière et l’autre reste sur Terre, au retour, ils n’ont pas le même âge. Expérimentalement, on le voit avec les particules, mais avec des humains, aucune navette n’approche encore ces vitesses (heureusement pour l’instant !).