Décollage : comment un jet relativiste prend son envol
Observez un ballon d’air chaud. L’air y est porté vers le haut par la différence de température : un mouvement de matière, simple mais efficace. Dans le cas des quasars, ce qui propulse la matière à une vitesse fulgurante est bien plus extravagant : l’alliance de la gravité, des champs magnétiques, et de la rotation.
- Gravité terrible du trou noir : Elle attire tout ce qui passe à proximité.
- Disque d’accrétion tournant : Le gaz et la matière encerclent le trou noir en formant une gigantesque toupie.
- Champs magnétiques puissants : Ils s’organisent autour du disque, se tordent, et forment une sorte de « tuyau invisible » guidant la matière hors du disque.
C’est le même principe qu’une dynamo : l’énergie de rotation du disque et du trou noir est convertie en énergie magnétique, puis en énergie cinétique qui éjecte la matière.
Dessinons le tableau : le mécanisme Blandford-Znajek
Le modèle le plus reconnu pour expliquer l’origine des jets est le mécanisme de Blandford-Znajek (1977). Il décrit comment la matière est extraite des environs du trou noir.
- Le trou noir supermassif tourne rapidement sur lui-même.
- Un champ magnétique très intense s’enroule autour du trou noir, généré par la matière du disque d’accrétion.
- Cette rotation arrache de l’énergie au trou noir et propulse la matière le long des lignes du champ magnétique, tel un lance-pierre cosmique.
- La matière s’envole, accélérée progressivement jusqu’à atteindre des vitesses proches de celle de la lumière (au minimum 90%, parfois plus).
Une accélération… à la frontière du possible
En d’autres termes, rien à voir avec une fusée : ici, l’accélération dépasse tout ce que l’on imagine sur Terre. On parle de vitesses dites relativistes — c’est-à-dire qu’elles approchent suffisamment la vitesse de la lumière pour que la relativité d’Einstein (les lois de la physique énoncées par Einstein au début du XXe siècle) devienne prépondérante.