Conduction et matériaux isolants : le match décisif
Pourquoi les isolants sont-ils efficaces ?
Les meilleurs isolants sont, en fait, des matériaux qui enferment un maximum d’air immobile. Pourquoi ? Parce que l’air lui-même est un très mauvais conducteur de chaleur (λ = 0,025 W/m.K). Attention : il faut que l’air soit piégé, car s’il circule (dans un courant d’air), on tombe alors dans la convection (autre mode de transfert thermique).
- La laine de verre et la laine de roche : ces fibres mélangent verre ou roche et bulles d’air, ce qui freine énormément la conduction.
- Le polystyrène expansé ou extrudé : ce plastique est « soufflé » pour emprisonner l’air dans de minuscules cellules.
- La ouate de cellulose : fabriquée à partir de papier recyclé, elle retient beaucoup d’air tout en étant écologique.
- Les panneaux de polyuréthane, extrêmement performants mais plus polluants à produire.
Tous ces matériaux ont été développés pour rendre la conduction thermique la plus difficile possible. Plus la couche est épaisse, plus elle fait résistance à la dissipation de chaleur.
L’épaisseur compte… mais pas seulement
On pourrait croire qu’il suffit d’empiler 30 cm de n’importe quel matériau pour être parfaitement isolé. Pourtant, tout dépend de la conductivité : 10 cm de laine de verre valent bien plus qu’un demi-mètre de béton en termes de résistance au transfert de chaleur !
D’où l’importance, quand on choisit un isolant, de regarder la valeur « R », c’est-à-dire la résistance thermique. Plus « R » est élevé, mieux c’est. R est calculé ainsi :
- R = épaisseur du matériau (en mètres) / conductivité thermique λ
Prenons un exemple concret. Pour respecter la réglementation thermique RT2012 (source : Ministère de la Transition écologique), il est conseillé d’atteindre une résistance d’isolation R de 7 pour une toiture, ce qui revient à utiliser, par exemple, 28 cm de laine de verre (λ = 0,04). Pour les murs, il faut viser au moins R = 4,5.